Mon premier vol rando: le Varo "en hivernal"
Dimanche 18 novembre, Vol depuis le col du Varo (Tournette)
Avec: Nico, Christophe, Isa et Lionel tous membres de la section parapente du CAF Annecy
Photos disponibles ici.
THE MOVIE est visible ici ou en bas de cet article.
Je viens de vivre un rêve éveillé qui semblera peut être banal pour tout parapentiste aguéri, mais pour moi, petite scarabée débutante en parapente, ce fut incroyable !
Après ma série de stages à Prévol, je me suis inscrite à la section parapente du CAF d'Annecy. Je profite déjà de l'excellente ambiance de ce club aux permanences du jeudi soir depuis 2 semaines, et voila enfin ma première occasion d'aller voler avec eux: Nico propose un vol rando au col du Varo (300 m sous le sommet de la Tournette) en ce beau dimanche. La météo s'annonce parfaite pour ce vol: grand soleil et léger vent de sud ouest, la bonne orientation pour ce déco.
Avec les tonnes de neige tombées récemment (60 cm à 2000 m, sachant que le Varo est à 2100 m), il faut s'attendre à pas mal ramer, et espérer que les quelques passages raides de la Voie Normale passent sans trop de problèmes. On part donc avec 3 paires de raquette pour 5, les baudriers et quelques piolets/crampons au cas où.
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Il y a les voiles/sellettes pas-montagne... |
...et les voiles/sellettes montagne ! |
Ca va être l'occasion de voler pour la première fois avec ma voile à moi: une Green de Team5 achetée à Prévol et avec laquelle j'ai volé pendant mon stage perf2. Il ne s'agit pas d'une voile montagne, elle pèse donc ses 4.8 kg (ce qui reste néanmoins tout à fait raisonnable pour une voile normale). J'ai beau avoir essayé de faire des efforts pour mon sac (merci Jean-Louis pour ta sellette light), il pèse quand même 11.5 kg avec juste voile+sellette+sac. Après avoir rajouté un certain nombre d'autres choses indispensables, ca devient vraiment lourd, mais bon, je suis super motivée, l'envie de voler me donne des ailes (ah ah) ! Et Nico prend pitié de mon énorme sac et me porte quelques trucs. Mais bon, il va falloir rapidement penser à optimiser l'ensemble sac+sellette si je veux remettre ca régulièrement...
Nous partons donc de Montmin pour les 1000 m qui nous séparent du col du Varo (et 300/400 de plus pour aller au sommet) à 9h30 sous un soleil resplendissant. Les promeneurs sont déjà passés par là, et la trace sera excellente jusqu'à un peu avant le refuge de la Tournette (que nous atteignons en 2 heures depuis la voiture).
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| Juste au dessus des Chalets de l'Aulp. | En montant vers le refuge de la Tournette... |
Après le refuge, ca se complique un peu: il faut brasser dans des tonnes de neige: heureusement, nous sommes dotés d'une machine à tracer très efficace en la personne de Lionel ! Mais bon, malgré sa trace, ca reste physique pour tous les suivants: ce vol au Varo se mérite !
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| Nico, devant la trace de Lionel | Le début des dalles: ca se raidit |
Après le replat du refuge, quelques dalles un peu raides et particulièrement fastidieuses nous attendent: il faut essayer d'éviter au mieux les rochers et empruntant des petits couloirs dans lesquels la neige tient à peu prêt.
Par la suite, on retrouve des pentes raisonnables, mais la quantité de neige augmente encore et la trace devient vraiment profonde. Isa (qui ne vole pas) fait demi-tour ici histoire qu'on puisse la garder en visu dans la descente pendant notre vol.
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Col du Varo en vue ! |
Photo de groupe au col |
Et une petite heure plus tard, nous finissons par arriver à notre but, après 5 heures de montée ! On aura explosé l'horaire pour ces 1000 m de montée, mais bon, à mon avis, c'est déjà un bel exploit d'avoir poussé jusque là en traçant plus de la moitié du chemin dans une telle quantité de poudreuse. On laisse tomber le sommet de la Tournette car l'heure tourne, et le vent est idéal pour décoller: on ne va donc pas laisser passer le créneau !
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Christophe se fait une "tranchée de départ" |
Préparation du déco |
C'est là que les choses vraiment sérieuses se passent pour moi: je sors tout juste d'école, et tout ce que je connais déjà dans ce vol, c'est ma voile. Tout le reste (sellette, déco dans la neige, attéro, aérologie du coin), c'est nouveau, ce qui contredit méchamment la règle de base que m'a récemment rappelé Benj: pas plus d'une nouveauté par vol. J'avais donc prévu de ne décoller que par conditions parfaites. Et me voilà au col du Varo, et il semblerait bien que tout colle pour se lancer ! Je décide donc d'y aller, avec néanmoins un peu de stress bienfaisant jusqu'au décollage. L'intensité du vent permet de décoller en quelques pas, et c'est tant mieux car s'il avait fallu courir dans cette quantité de neige, ca aurait vraiment compliqué la donne... (on avait prévu les pelles à neige pour se faire des grosses tranchées au cas où...).
Christophe et Lionel partent en premier, histoire que je me rassure en les observant en vol. Nico partira après moi et supervise la bonne exécution de mon décollage.
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Christophe qui essaye son UltraLight |
Décollage - 10 secondes |
À peine besoin de tirer les avants pour gonfler la voile, et en 3 pas, me voilà en l'air !
Et c'est parti pour 1600 m de descente jusqu'à Perroix dans un décor de rêve ! Néanmoins, quelques secondes après le déco, je regrette d'avoir échangé mes moufles (trop grosses pour passer la main complète dans les freins, comme j'aime le faire) contre mes gants en polaire mouillés car j'ai rapidement les mains littéralement congelées. Leçon numéro 1 du vol montagne, donc: prévoir la paire de vrais gants la plus épaisse possible mais qui passe encore dans les poignées !! Je crains vraiment de me faire de vraies engelures car au bout de quelques minutes, je ne sens plus du tout quelques doigts. Vu l'aérologie calme, je lache régulièrement les freins pour taper les mains les unes contre les autres, et je fais même les oreilles (*) pendant un petit moment pour aller me poser vite fait. Et puis après avoir perdu un peu d'altitude, ca va mieux, je lache les oreilles et je savoure ce vol incroyable à mes yeux...
Nico me suit de près et prend des tas de photos de moi en vol, et du paysage de rêve:
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Juste après mon décollage |
Sur fond de lac d'Annecy |
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Les Dents de Lanfon, le Lanfonnet |
Survol des Chalets de l"aulp |
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Devant Planfait et les Dents de Lanfon |
L'attero est juste en dessous (bordé de voiles en attente de pliage) |
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Auto-portrait de Nico en vol |
C'est de tout là haut qu'on vient ! |
Avec la neige et le froid, pas d'espoir de tenir en l'air: il ne s'agira donc que d'un "plouf" mais de presque 20 min quand même étant donné le dénivelé important du vol. Après le passage
du déco de Planfait, je commence à me concentrer sur mon approche: le vent qui était orienté sud en l'air vient plutôt du nord à l'attero (mais bon, il est faiblard). D'avoir remarqué ceci me
permet de me poser: 1) sur le terrain, 2) dans le bon sens, contrairement à un autre (que je ne nommerai pas, mais je crains que ce ne soit trop facile à deviner) qui nous fait un bel
atterrissage hors-terrain vent de cul. Il est joueur, il nous offre l'apéro !
En tous les cas, c'est génial de redescendre d'une montagne en 20 min après avoir passé 15 minutes de voiture + 5 heures de marche pour la montée ! Comment peut on envisager une autre façon de faire après avoir vécu ca (sauf dans le cas du ski de rando bien sûr ) ?
Une minute après l'atterrissage, c'est une monstrueuse onglée qui vient me rappeler que mes doigts existent toujours et me fait me tortiller de douleur pendant 10 min. Mais une fois la douleur passée, j'oublie cet incident et plane complètement sur mon petit nuage après ce vol fabuleux. Je me sens extrêmement chanceuse que mon 1er vol à la sortie d'école soit aussi exceptionnel...
Un énorme merci à Nico pour avoir lancé cette idée et m'avoir emmenée ! Et merci à Lionel, Christophe et Isa pour la trace, la bonne humeur et l'excellente compagnie.
Et vive le vol montagne !
En tous les cas, c'est génial de redescendre d'une montagne en 20 min après avoir passé 15 minutes de voiture + 5 heures de marche pour la montée ! Comment peut on envisager une autre façon de faire après avoir vécu ca (sauf dans le cas du ski de rando bien sûr ) ?
Une minute après l'atterrissage, c'est une monstrueuse onglée qui vient me rappeler que mes doigts existent toujours et me fait me tortiller de douleur pendant 10 min. Mais une fois la douleur passée, j'oublie cet incident et plane complètement sur mon petit nuage après ce vol fabuleux. Je me sens extrêmement chanceuse que mon 1er vol à la sortie d'école soit aussi exceptionnel...
Un énorme merci à Nico pour avoir lancé cette idée et m'avoir emmenée ! Et merci à Lionel, Christophe et Isa pour la trace, la bonne humeur et l'excellente compagnie.
Et vive le vol montagne !
Le film de la journée:
(*) Pour les non-parapentistes, "faire les oreilles" consiste à fermer partiellement chaque bout de la voile (en tirant sur certaines suspentes) pour descendre plus vite.
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